Chaque année, la SAIT organise un colloque à l'Institut du Monde Anglophone (Université de Paris III).
Le colloque annuel de la SAIT pour 2010 sera organisé par Anne Laure Fortin et Liliane Louvel, et a pour thème L'art Intempestif. Il aura lieu du 9-10 septembre 2010 à l'Institut du Monde Anglophone à l'Université de Paris III. Ci-dessous l'appel à communications (il est également disponible en format word en cliquant ici):
Le thème de l’art intempestif vise à susciter une réflexion sur l’art à partir de l’hypothèse d’un rapport spécifique de l’œuvre d’art au temps, rapport d’intempestivité ainsi que l’énonce Nietzshe dans ses Considérations inactuelles, dans lesquelles il souligne la capacité de l’art à anticiper sur son époque pour y ouvrir des perspectives nouvelles. Il s’agira de s’interroger sur la capacité qu’a l’art « de penser et d’agir contre son propre temps en faveur d’un temps à venir », et de s’intéresser aux solutions neuves que l’art propose à des configurations de pensées qu’il rend du même coup caduques. L’une des pistes explorées pourra être la mise en relation entre l’intempestivité de l’art et la propension de l’œuvre d’art à se constituer comme événement pour le sujet et pour le monde. N’est-ce pas en effet cette capacité à faire événement qui permet à l’art de renouveler nos modes de perception par la multiplicité de ses formes, en nous arrachant au déjà-vu des clichés pour nous offrir des « révélations puissantes et directes » (Gilles Deleuze, L’Image-temps) ? On pourra également se pencher sur le paradoxe apparent qui veut que si l’art rompt avec le passé, s’il rejette les « vieilles tables » comme les appelle Zarathoustra, il instaure également un dialogue avec le passé, dont il rend possible la survivance. On s’interrogera alors sur le rapport de l’art à l’histoire, et sur la part de l’art dans l’exercice d’une histoire critique de l’Histoire officielle. La réflexion pourra s’étendre à la question du statut de la vérité en art, selon l’hypothèse que l’inactualité de l’art est aussi une des façons qu’a l’art de préfigurer des vérités à venir. On pourra enfin retracer les divers modes d’inscription de l’art dans le temps en différenciant les modes de réception des œuvres en fonction des médias dans lesquels elles s’expriment : lecture globale ou englobante dans le cas de la réception d’un tableau selon Nelson Goodman ; lecture horizontale et cursive dans le cas du texte linguistique. Le dialogue fructueux entre les disciplines sera dans tous les cas le moyen privilégié que nous utiliserons pour nous pencher sur l’hypothèse de cette intempestivité de l’art, afin de mettre en lumière les formes de débrayage que l’art fait subir au temps, pour rendre compte de l’énigme de sa persistance. Les propositions de communication (300 mots) sont à envoyer avant le 10 mars 2010 à Anne-Laure Fortin-Tournès (al.fortin-tournes@wanadoo.fr) ou à Liliane Louvel (Liliane.Louvel@univ-poitiers.fr).